Krisses

13 août 2009 § Poster un commentaire

Chloé F m’appelle, rendez-vous dans une petite impasse du centre historique. Concert. 5 étages plus haut, une galerie d’art est envahie de bas entremêlés et étirés, blancs et noirs, au sol et au plafond. ça fait campement de toiles d’araignée. Pas vraiment lubrique l’endroit. Une petite foule d’amateurs se tape la discute. Comme d’habitude, tout est bon enfant dans le monde arty de Mexico. J’aime. J’aime encore plus quand je retrouve ma Céline par surprise, et ma Sabrina pas par surprise.

La musique expérimentale, j’aime bien, j’aime même assez beaucoup; j’y retrouve de vieilles pulsions d’enfance, comme ces jouets que nous fracassions avec un sourire éclatant. Mais ce soir-là, malgré moi, je n’ai pas trouvé la joie. Je l’ai effleurée en parcourant les ondulations électro-magnétiques de Christian mais Chris, son alter-égo gringo du soir, m’avait paru empêtré dans ses cymbales, ses verres et ses peaux. « C’est que tu n’entends pas la finesse de ses vibrations. Faut que tu fermes les yeux » me disait Sabrina. Mes yeux m’ont peut être trahie, mais je sentais que j’assistais à un accouplement inabouti, comme si nos musiciens ne cessait de s’envoyer des caresses, l’un et l’autre attendant cet instant où la tendresse allait céder à la brutalité. Mais cela ne vint pas. Mauvais enchaînements.

Chris et Christian s’étaient écoutés une fois, chacun en solo, et ils s’étaient imaginé leur relation. Une relation tendre et sauvage.

Leur première rencontre est une déception douce. Une violence a manqué. Le jouet ne s’est pas complètement brisé. Finalement, je n’ai pas eu la joie, mais un couple embarrassé, c’est beau aussi.

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Notes sur notes

8 août 2009 § 1 commentaire

Que les choses soient bien claires, je reproduis dans ce blog des notes de voyage. Ce sont des notes libres, plus libres que celles que j’écris dans mes terrains de recherche. Elles sont bien sûr retravaillées, à la marge. Histoire de faire histoires.

Comme ces films que je tourne le montage à vif. Sans fioritures, punk, comme quand on était jeune. Celui-là est un hommage à mes amis musiciens, embauchés pour participer d’une chorégraphie de fin d’études. Centre National des Arts. Je l’ai appelé Cucu, une affaire d’oiseaux en cage et de grains de plumes dans l’air.

http://vimeo.com/6029001

Beirut 2

21 février 2009 § Poster un commentaire

La boucle ne sera pas bouclée, je reste, je ne plierai que la moitié de mes bagages car ici mon coeur veut élire domicile. Je garde ma collection d’âne, mes chapeaux de paille et tout un tas de trucs à pas savoir qu’en foutre; je n’emporterai qu’une quantité rationnée des innombrables produits mexicains à faire rire et à manger. Pour mes amis qui vivent en France, pour vous. Je ne sais pas si cela suffira, si j’aurai le temps de vous voir, rien qu’y penser ça me rend déjà triste.

J’écoute la voix de Zach, j’entends le refrain de cette chanson sur Marseille et mon coeur qui bat (et les yeux de Myret qui se brouillent). Je suis un vieux romantique, tous ces couplets de Chet, de Caetano et de Julio, de Jacques et de Zach, ça ne peut qu’attendrir mon coeur. Si dur ces derniers temps.

Le concert fut un sport de combat pour obtenir les angles de prise de vue souhaités dans une foule qui me disait gentiment  » si tu peux te pousser, je te remercierai ». Vu la masse, il était difficile de s’élancer dans une folle farandole. Qu’importe, mes attentes trop excessives de fraternité je les plaçai un peu plus tard dans une partie de billard avec mes amies Maëlle, Delphine et Virginie que j’aime tant.

Que sonnent trompettes et oukoulélés!

http://vimeo.com/3302464

C’est mon site video Vimeo.

Fredo Viola

11 février 2009 § Poster un commentaire

improvpict1Pas besoin d’insister longtemps sur le bonheur éprouvé à regarder les productions multimédia de Fredo Viola. Même si son talent parle de lui-même, il faut vous dire que le côté Leornardo Da Vinci du bonhomme se trouve employé à valoriser le rapport entre voix et images. Je me risque à penser que le bonhomme veut nous emmener dans une barque sensorielle flottante, juste ce qu’il faut de tangage pour adoucir la violence de nos regards et aiguiser l’apathie de nos oreilles. Magnifique et accessible essentiellement sur internet.

En ce domaine, difficile pour moi de trouver des points de référence, je navigue à vue. D’une certaine façon, c’est mieux ainsi. Cet univers de création a ceci de particulier, je crois, qu’il entre par l’écran de l’ordi par inadvertance, au rythme de nos recherches pas si hasardeuses (et du niveau de débit de notre opérateur, ici de la merde) et ainsi de nous éveiller de la léthargie des recherches marmiton et billet d’avion. Vais-je le prendre, ceci dit? Departure flight on standy.

www.fredoviola.com

Son label, french and trendy comme il dit, Because Music.

Sons

16 décembre 2008 § 2 Commentaires

Je revoyais Paranoid Park en DVD, avec un sous-titrage pour sourds anglophones. Je retrouvais les sensations de la première fois quand une chose géniale est apparue sur l’écran, rien de moins que la description des sons et le titre des musiques qui émaillent le film. Alors, sachez que le type qui fait la musique des lentes ondulations des roller-skaters, celle de la douche (les bruissements-bruinements d’oiseaux) s’appelle Ethan Rose, Portland, Oregon, la ville où s’est tourné le film.

http://www.ethanrosemusic.com/

Ce monsieur fait parti d’un univers intéressant rassemblé sous diverses étiquettes: ambient, electronica, musique concrète…Des bidouilleurs de sons en somme qui méritent un peu mieux que les cubes blancs des musées d’art contemporain où on les installe.

Alors chemin faisant, je me retrouve sur le site textura, consacré à ce type de musique. Et là…Rudi Arapahoe. Faisal mon nouveau coloc’ de Toronto, natif du Bangladesh, me dit qu’il comprend pas, lui qui vient de passer le week-end à écouter de la musique hindoue, arabe, espagnole, canadienne. Je dis que c’est comme voir une femme blanche, maigre, à poil dans un verger humide d’Angleterre, les branches des arbres sans fleurs. Une sensation d’érotisme froid.

Où suis-je ?

Catégorie critique musique sur Mexico mon coco.