billet d’un retour au pays natal

2 juin 2009 § Poster un commentaire

La Guadeloupe en grève, puis la Martinique, un syndicaliste assassiné, un président sur une plage au Mexique et Aimé Césaire qui regarde les français dans sa tombe avec un sourire d’enfant. J’assiste à ce beau manège, j’entre même dans la ronde avec mes collègues chercheurs, un peu dépassé par les événements mais heureux, oui heureux comme un enfant de retrouver le pays natal sous des auspices antillaises. J’ai adoré la banlieue, la sillonant de très bonne humeur et d’une humeur exploratrice. Les transports en commun sont devenus mon petit théâtre de la vie quotidienne, les façons de prendre son billet sans emmerder le chauffeur, de le poinçonner sans emmerder la mémé; les guerres de poussette aussi, signalant un regain de natalité.

Puis les nuages se sont amoncelés, une grisaille persistante s’est installée, dans mes derniers jours parisiens puis sur la colline de la Croix-Rousse, à Lyon, où j’ai retrouvé un frangin, sa fille et un éditeur passionné. Là aussi, j’ai senti le vent des antilles, les grèves. Enfin,Marseille, tant attendue, tant redoutée. Elle se montra sous son pire visage, pluvieux et grisâtre. J’étais triste. Je revoyais mes ami-es, mon appart’ vide, je me défaisais de vieilles peaux, j’étais déjà ailleurs. Puis je me rendis à Madrid, chez mon Jorge. Il faisait un froid surprenant pour une mi-avril: 5 degrés. La ville était en vacances de semaine sainte, les bars fermaient et les rues se remplissaient de badauds étrangers. J’ai repris la cigarette que Jorge n’a jamais quitté. Là-bas, on peut encore fumer dans les bistrots. J’étais déjà venu dans cette ville et pourtant je la découvrais. Très bourgeoise, très autrichienne, une Vienne ibérique, avec chorizo et Mahou. Ah, quelle délicieuse mousse! Si l’espagnol a de la moustache, alors elle est blanche.

Je me souviens maintenant de mon angoisse avant de partir. Je sentis alors la douleur de la perte, l’irrépressible sensation de nager dans un océan inconnu, fourmillant d’espèces peu recommandables, un océan sombre, épais, hostile. J’atterris à Mexico la ville, heureux.

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