J’ai le dégoût des mexicains, au-delà même des conditions matérielles ou sentimentales qui ont pu affecté ma perception des choses. Je l’écris parce que ça m’intéresse de savoir comment je peux devenir con.
Il s’est passé quelque chose, quelque chose de profondément dérangeant dans mon rapport aux mexicains. Il y a des indices assez objectifs qui m’ont aidé à y voir clair, et d’abord le fait que je ne compte aucun mexicain comme ami. Les mexicains que j’aime vivent avec des étrangères; les mexicaines avec des français ou des québécois. Les mexicains que j’apprécie détestent leurs compatriotes. Mes ami-es non mexicains n’ont pas d’ami-es mexicains.
Evidemment je parle des mexicains que je vois, des vendeurs de rue (des prolos savamment auto-organisés pour te défaire de 10 pesos et apporter ses voix aux autorités les plus offrantes), des employés administratifs d’Etat (classe médiocre, autosatisfaite mais volontiers aimable quand tu fermes ta gueule), des facteurs (classes moyennes basses, et bassesses), des étudiants de socio (la connaissance comme stratégie de survie monétaire, tout à fait pardonnable mais décevant), des chercheurs qui parlent beaucoup (trop), des femmes fausses, sans mystère autre que celui de cacher maladroitement leur intérêt immédiat. Bref, ça va plus en Nouvelle-Espagne, terre de rencontre de cultures profondément machistes. Un machisme élevant l’hypocrisie au rang d’us et coutume, avec l’appui fier et revendiqué des femmes. Pourquoi pas, c’est une façon de régler les rapports de couple par la violence, la rancoeur et le cynisme mariachi. Une bonne sérénade, et une bonne enculade.
C’est peut-être parce que le contraste est trop grand avec les enfants, beaux et libres.
Allez va, tout ira mieux demain dans ce pays de merde.
