Je ne ferai pas de commentaires sur un quartier que je ne connais pas. Mais au retour de ce gigantesque marché de la contrebande, je revoyais les images prises par Van Der Keuken en Inde. Entre le langage du corps et du monde, l’argent.
Je ne ferai pas de commentaires sur un quartier que je ne connais pas. Mais au retour de ce gigantesque marché de la contrebande, je revoyais les images prises par Van Der Keuken en Inde. Entre le langage du corps et du monde, l’argent.
En sortant de Se Busca (Wanted), je me disais que le monde Mexique ressemblait un peu à ça, à cette sensation de vivre entouré d’assassins invisibles dont la discrétion est telle qu’elle ne m’empêche pas d’aller acheter mes sushis du jour. Nous en sommes à 2600 meurtres en l’espace d’un an, selon le décompte de El Universal. Pas plus tard qu’hier, dans l’Etat de Chihuahua 22 personnes dont un enfant d’un an ont trouvé la mort. Chaque jour dans la presse populaire (voir les tabloïds anglais), je peux découvrir à la Une le filet de sang rutilant d’un cadavre, et pas très loin la poitrine tout aussi rutilante d’une pétasse. Le tableau n’est pas macabre, juste saugrenu, peut-être irréel. Comme ce film extraordinaire de violence, totalement stupide et virtuose, où brille la grâce sauvage d’Angelina Jolie, sans doute la seule actrice à pouvoir d’un regard nous adresser les signes de la séduction et de la voracité. Je me demandais donc si finalement les assassins mexicains n’étaient pas du même calibre, raffinant à l’extrême le plaisir de la gachette, polissant leurs balles, nettoyant leur chambre à canon, avant de faire pivoter le barillet. Car les armes du crime organisé mexicain sont dans l’ensemble des armes à feu. Ce film, au fond, leur est dédié. Il relève la multiplicité des ordonnancements qui assurent la cohérence chaotique du pays.
Après de telles déflagrations, mon cerveau nécessitait un bain de douceur, ma peau la caresse d’une aile de papillon. Et My Brightest Diamond arriva.
La libellule passera bientôt en France avec un nouvel opus, tout simplement grâcieux.
Max aime les céréales. Max est mon coloc’ américain, de Brooklyn. Il part demain rejoindre sa femme. C’est un gars qui fait du vélo, sur une piste de vélodrome, celle-là même où Francesco Moser a battu un record de l’heure. Sur la piste, il est grand, pas forcément véloce vu le vélo qu’on lui a fourgué, mais discipliné du corps et peut-être de la tête car il ne semble s’offusquer des cris du Coach Rafa. Max écrit souvent mais entre chaque prise de plume, il aime manger. Les tacos du garage bleu ont sa préférence. Le garage bleu, c’est sans doute le plus chouette parking de la ville, quelques tables, des tabourets et des nopales savamment cuisinés dans la viande de son choix. Max sort régulièrement avec ses amis de la mode, Rafa (non pas le coach) et Roberto, deux jeunes stylistes en vogue. Ces deux-là s’habillent en général très mal, un jean déchiré, une chemise à carreau de bûcheron, un blouson en cuir rapiécé. Quand il n’est pas avec eux, le soir il discute longuement avec sa femme, belle et jeune et new-yorkaise, anxieuse quant à savoir si elle va vraiment réussir à arrêter de fumer. Max est venu voir Mexico City parce que les gens de NY sont ambitieux. Dans un mauvais sens. Les femmes y seraient arrogantes, déstabilisant leurs multiples boyfriends. Les pauvres.
Ah, le voilà qui se dirige vers la cuisine prendre un bol de céréales. Des Quakers, les meilleurs.
Allez, ça me tente bien.
Que produit cette tristesse cotonneuse qui depuis le départ brutal de Kelly m’envahit sans me laisser d’autres choix que de la digérer comme un plat mexicain, par la force liquide des choses ? Peut-être faut-il partir d’un lieu, d’une situation, le Yoga, qui éclaire et ombrage à la fois ma position. Et peut être déclarer ici la remarquable faiblesse des liens qui nous unissaient et qui n’eut d’autre effet que de forger une force insoupçonnée, ce que j’appelle après coup amour. Dans cette chambre où je suis entré en elle et avec elle sans crier gare – sans crier « gare ! », je crois avoir découvert une énergie subtile, désirante et détachée, désirante parce que détachée. Précisons que ce désir ne se nourissait point de son détachement mais du mien, et, au fur et à mesure, de notre attachement distancié. La chute finale, si douce et brutale, sans pathos sinon ces larmes qui affleurèrent à mes paupières, ne clôt rien. Elle m’ouvre un nouvel abîme de désolation qui appelle, comme tout trou, à se remplir. La tristesse s’y engage la première, déjà préparée avec ses canots de sauvetage, ses bouées et ses cordes. Venue programmée, elle ne satisfait point.
Kelly pratiquait le Yoga quotidiennement dans une optique de gestion d’une anxiété tenace, et qui pouvait venir de ses expériences de voyage en Asie, longues et esseulée, et du sentiment qu’une période de sa vie s’achevait nécessitant l’ouverture d’un nouveau cycle. Peut-être au Mexique. Peut-être avec moi. Je refusais bien sûr l’idée de m’introduire comme une pièce dans un plan adverse, ce qu’immanquablement je fus. Du Yoga, je n’entendais rien sinon l’écartement de ses cuisses, la torsion de son dos ou l’élasticité de ses muscles. Si étranges m’apparaissaient ses réactions au retour d’une séance, sa frustration quand le maître n’avait su dialoguer avec elle et son bonheur évident quand il lui avait permis d’atteindre une position physique rare, signifiant accès à un état d’esprit que je ne peux nommer. Par ignorance. Là git un mystère que je sonde par inadvertance après la rencontre d’un livre de François Jullien, philosophe de l’abord croisé des pensées occidentale et chinoise judicieusement conseillé par mon frère.
De quel abord me nourrissais-je en et avec Kelly - car nous mangions souvent ensemble, végétarien si possible - sinon, finalement, de cette teneur relâchée de nos échanges, qui me semble empreinte de ses exercices corporels orientaux. Nos rencontres régulières et espacées m’offraient en effet une respiration bienvenue dans une ville qui m’étouffait. La première fut sans doute la plus belle, inscrite dans l’espace d’un musée d’art contemporain retouché par l’intelligence d’un photographe allemand. Je dois, nous devons à Wolfgang Tillmans la naissance d’une harmonie des intellects, d’une élégance des regards et des paroles si rares que ce dimanche restera pour nous inoubliable. Sans Wolfgang, nos pensées n’auraient su s’aiguiser et provoquer ainsi, chose étonnante, une esthétisation de mon désir, une forme de décentrement de la pulsion sexuelle provoquée par sa nuque qui me semblait et me semble résumer la quintessence de son élégance. Au cours de cette déambulation s’est tramé le tissu fin des affects éloignés de la brutalité des passions, offrant le plaisir d’une délectation douce et sereine de l’instant. Naquit une entente, une attente qui allait transformer ce magnifique moment dans la durée d’un compagnonage qui constitua pour moi toute la beauté de notre relation. Je n’avais pas alors envisagé que pouvait s’y trouver sa fragilité. Je préférai alors la saveur d’une situation sans finalités autres que le désir d’en éprouver les sinuosités. Et quand apparurent les surdéterminations de l’engagement, la ballade ne pouvait plus ne plus s’éprouver dans l’instant.
Ferais-je ici l’éloge de l’instant léger et souple, débarrassé des contingences de la vie et d’une période de la vie – 30 ans – où certains désirs sont bien compréhensibles – la maternité/paternité ? Je ne le crois pas. Car de cet instant, et des instants accumulés, ai-je écrit, se nourrit une durée dont la consistance me paraît l’élément constitutif de la vie amoureuse. « Mais tout cela ne mène à rien », me disait-elle. J’aurais voulu répondre mais c’était déjà trop tard pour produire l’écart, la dispute si nécessaire à l’économie d’un couple. Je recherchais cet écart en elle, par elle et pour moi-même. Cette relation avortée m’ouvre un abîme, un vide que je remplis de ce sentiment, la tristesse, qui n’implique pas passivité. Je trouve maintenant une richesse dans les non-dits que j’ai si souvent exprimés avec elle. Et je dois dire sans ruse que j’ai voulu bien souvent me déclarer à elle en non-dits. Mais s’agissait-il de réserve ou de réticence ? Là est la question. Et je finis par croire que cette relation avait fini par transformer la suggestion, l’allusion si douce des premiers moments en l’embarras pesant des ultimes et mon intention finale n’aurait été autre que de nous dégager de cette dernière pesanteur. La sienne également mais dans le motif du dégagement-réengagement qui me fait souffrir. Se serait-il construit une sourde étanchéité entre nous que le désir n’a pas dissoute ?
N’est-ce pas finalement cette quête de Sens (à quoi cela mène-t-il ?) qui érige des parois et finit par figer le processus amoureux, tout entier désormais tendu vers une finalité (l’accomplissement de Soi, du Couple, de la Famille…) qui me semble dans ce cas obstruer les voies du plaisir que j’ai eu à marcher à ses côtés ?
- au long de notre promenade, l’amour m’accompagnait à distance, tapie dans un recoin de moi mal connu, ce recoin peut-être où se loge la file des déceptions accumulées.
Il faisait un temps de néons ce jour-là et les jours suivants dans le centre de distribution du courrier qui dessert mon quartier. Je n’avais pas encore acheté mes chaussures de sport, je portais ma sacoche de cuir en bandoulière, je cheminais entre les odeurs de graisse des tianguis de l’Hôpital Central en pensant que décidément je n’étais pas fait pour me lever tôt. Des nouvelles de Radio Horizonte je n’avais rien retenu seulement le ton monocorde et métronomique de l’homme qui faisait la revue de presse. C’est en rêvassant et les yeux mi-clos que je m’annonçais à la guardienne des lieux. Pas moyen d’entrer sans l’autorisation de l’administrateur qui allait arriver sous peu. Sous le froid, j’attendais patiemment en voyant défiler un à un les facteurs de Vertiz, et un à un je les voyais se faufiler dans l’étroite porte métallique qui marquait l’entrée du centre.
Au bout d’un mois d’enquête, la porte se referme et dans ma sacoche je pense avoir glané l’idée que ce travail est un petit commerce, l’abarrote (l’épicerie) des hommes et des femmes d’un peu plus que de peu, essayant d’assouvir leurs désirs à l’ombre d’un système de production vicieux. Ces petits entrepreneurs ne sont pas des petits-bourgeois, plutôt des prolos grassouillets cherchant avec les talents les plus divers à se maintenir à la surface d’une mare partout considérée comme fangeuse. Nulle nouveauté, la ruse du vendeur de force de travail n’a d’égal que la filouterie des mécanismes de son exploitation.
Mais dans cette mare, il y a un vilain petit canard, souvent irrévérencieux mais ses irrévérences sont toutes égocentriques. Ne lui importe que le plumage. Du syndicat de la Poste mexicaine, Gramsci aurait pu déclarer: voilà un mauvais prince, épousant l’idéologie de ses maîtres pour satisfaire les instincts de ses membres. Il aurait pu en dire autant du plus grand syndicat du monde, la fédération des syndicats de Chine. Han, héro de la dissidence de la classe ouvrière chinoise, aujourd’hui à la tête d’une ONG financé par les USA, dit ceci: “il n’y a pas d’autres possibilités que de coopérer avec cette fédération. Nous devons être réalistes sur les conditions, sur la répression, mais surtout sur la manière dont les travailleurs voient le monde. La plupart d’entre eux veulent juste améliorer un peu leur quotidien; ils sont si occupés avec leur famille, et leurs horaires de travail sont longs.” Extrait de http://www.thenation.com/doc/20080818/parenti
“par bien des aspects, nous vivons des jours meilleurs”, nous rappelle un étudiant en droit chinois.
J’ai le dégoût des mexicains, au-delà même des conditions matérielles ou sentimentales qui ont pu affecté ma perception des choses. Je l’écris parce que ça m’intéresse de savoir comment je peux devenir con.
Il s’est passé quelque chose, quelque chose de profondément dérangeant dans mon rapport aux mexicains. Il y a des indices assez objectifs qui m’ont aidé à y voir clair, et d’abord le fait que je ne compte aucun mexicain comme ami. Les mexicains que j’aime vivent avec des étrangères; les mexicaines avec des français ou des québécois. Les mexicains que j’apprécie détestent leurs compatriotes. Mes ami-es non mexicains n’ont pas d’ami-es mexicains.
Evidemment je parle des mexicains que je vois, des vendeurs de rue (des prolos savamment auto-organisés pour te défaire de 10 pesos et apporter ses voix aux autorités les plus offrantes), des employés administratifs d’Etat (classe médiocre, autosatisfaite mais volontiers aimable quand tu fermes ta gueule), des facteurs (classes moyennes basses, et bassesses), des étudiants de socio (la connaissance comme stratégie de survie monétaire, tout à fait pardonnable mais décevant), des chercheurs qui parlent beaucoup (trop), des femmes fausses, sans mystère autre que celui de cacher maladroitement leur intérêt immédiat. Bref, ça va plus en Nouvelle-Espagne, terre de rencontre de cultures profondément machistes. Un machisme élevant l’hypocrisie au rang d’us et coutume, avec l’appui fier et revendiqué des femmes. Pourquoi pas, c’est une façon de régler les rapports de couple par la violence, la rancoeur et le cynisme mariachi. Une bonne sérénade, et une bonne enculade.
C’est peut-être parce que le contraste est trop grand avec les enfants, beaux et libres.
Allez va, tout ira mieux demain dans ce pays de merde.
Avenida Juarez (1er mai, eh oui, j’insiste sur cette date), je quitte précipitamment le cortège de la UNT (Union Nacional de los Trabajadores) apprenant que les syndicats “Charro” sont déjà en train de quitter le Zocalo. Un cordon policier m’accueille à l’entrée de la place, je le traverse et la découvre vide. Seuls les balayeurs de la ville officient avec une vigueur inaccoutumée. Etrange spectacle. Deux tribunes s’offrent à ma vue, la plus grande est désertée, la plus petite s’égosille. La plus grande est celle du Congreso del Trabajo, la confédération des syndicats charros, et paraît déjà un vestige. La plus petite est celle de l’UNT et je semble être son unique auditeur.
Dans l’indifférence générale, une armée mauve conclue un défilé solitaire, sans spectateurs, sans orateurs, sans acclamations, et qui aussitôt la ligne d’arrivée franchie semble se disperser en une myriade de petits groupes.
Leur casquette indique que ces hommes et ces femmes appartiennent à la CROM (Confederacion Regional Obrera Mexicana). Je décide de les poursuivre et les découvre agglutinés en petits groupes ou en légions le long des murs des rues étroites qui bordent le Zocalo. Ils semblent que l’on se partage un butin secret.
C’est la distribution du pain aux oiseaux affamés. Je suis sans scrupules, je les filme picorer les miettes d’un butin que leurs dirigeants se sont déjà accaparés: “chacun sa manière de lutter” me dit un des responsables de la CROM. Dans la légion des affamés, certains ont des scrupules, d’autres non.
Un édito du quotidien conservateur “El Universal” de ce jour (02-05-08) déclare que la culture politique du Mexique est irrémédiablement de gauche. Oui, je veux bien le croire car c’est la gauche - non la droite- qui agit ainsi. Au fond, pourquoi la gauche n’aurait pas cet insigne privilège d’organiser sa propre mascarade?
Puis-je me navrer du spectacle de cette gauche clownesque dont les gesticulations n’effacent pas ses larmes, amères?
done
C’est le titre d’un recueil de textes de Pasolini mais aussi ce qui aujourd’hui commence à faire vibrer les coeurs mexicains. Le pays entre en vacance sainte. Demain jeudi ce sera la fièvre autour de la Vierge. Mais c’est la Mère Patrie qui se déchire au nom d’un patrimoine sacré, exproprié au grand frère américain il y a exactement 70 ans par le vénéré Grand-Père - et Général- Lazaro Cardenas et que le gouvernement de Felipe Calderon veut céder en petits morceaux aux appétits des nationales pétrolières. Je dis bien “nationales” pétrolières car en ce domaine, les intérêts économiques des gérants dépendent étroitement de facteurs géopolitiques nationaux. Les espagnoles de Repsol sont les premiers concernés mais aussi les français de Schlumberger.
L’argument est technique. Pemex doit acquérir d’experts étrangers les techniques de forage en fonds sous-marin de grande profondeur, afin d’élever ses réserves (un des critères de Standards and Poors pour évaluer l’économie d’un pays).
Bon, ici, on ne peut pas parler de “privatisation”car le mot est honni, transgressif. Alors mieux vaut parler d’un “trésor” que le Mexique doit acquérir avec l’aide étrangère. C’est plus joli et c’est martelé par une immense campagne publicitaire radiotélévisée d’Etat.
L’artillerie est si lourde qu’elle oblige les caciques de la gauche à s’unir.
Et c’était très touchant de les entendre, et en particulier l’aîné de la famille Andres Manuel Lopez Obrador, non seulement défendre l’idée d’un bien commun propriété du peuple mais aussi, et c’est vraiment larmoyant, annoncer les modalités de la résistance populaire:
1er temps: rendez-vous la semaine prochaine sur le Zocalo pour une assemblée citoyenne d’information. Objectif : se préparer au projet de loi.
2ème temps: encerclement de la chambre des députés. Si le projet est mis sur la table, grève législative des députés de gauche.
3ème temps: si le projet passe, blocage des autoroutes, des aéroports; encerclement des sites énergétiques du pays.
4ème temps: grève générale patriotique!
Dans son discours, AMLO a demandé à ses concitoyens de s’organiser en brigade avec l’aide des partis et organisations associés dans le “mouvement de défense du pétrole” et de mettre à leur tête des femmes. De façon pacifique car l’adversaire n’aura de cesse de disqualifier le mouvement et ses éventuels débordements. Ah, quel incroyable discours léniniste devant une foule immense filmé par un anonyme:
Chers amis, la gauche politique mexicaine est certes déchirée de l’intestin au colon, elle manque d’un projet alternatif cohérent, mais elle sait s’en remettre aux élans populaires. Pour les instrumentaliser?
Ni un paso atras!
Lundi 10 mars. Je quitte Martín, facteur dans la banlieue surpeuplée de México, habitant d’Iztapalapa et militant syndical indépendant (= réprimé). Je fais un petit détour au Comité de grève de mon université. Je ne vois ni Juana ni Yara, mes deux camarades préférées. Comme c’est toujours la même rengaine, je décide d’aller voir ma nouvelle copine Atenea. Elle est chanteuse. Voici le site de son groupe, Los Atemperados, que l’on connaît assez bien par ici:
www.myspace.com/losatemperados
Je n’avais pas mon sax, et tant mieux car je ne joue pas dans la même catégorie mais plutôt dans la même cour, de récréation, ou de tennis. Par contre, j’avais ma caméra qui me suit comme un âne fidèle et comme l’âne, elle me fait en ce moment des caprices. De l’âne, il est question dans ces images. L’instrument qu’utilise Manuel est la “Quijada de burro” (machoire d’âne). Je l’enregistre en pleine session d’enregistrement de disque. Faites place au maestro !