Et le Mexique vainquit le Honduras. Des minutes désespérantes ont précédé la délivrance. Mené 1-0, il s’en fallut de peu que j’assiste à un drame national. C’était le premier match pour les qualifications du Mondial Sudafricain de 2010 et c’était mon premier match dans le stade Azteca, immense, débordant de frustrations sociales difficilement absorbés par les sponsors officiels du “Tri” (les tricolores, vert-blanc-rouge bien sûr), même avec l’aide de la mousse Corona servie pendant le match. Les mains du vieillard-serveur tremblait tant qu’il fallut 1/2h pour qu’il finisse par étancher notre soif, à moi, Edgar et Juan Antonio (Photo), le trio-star de la socio mexicaine. Nous allions nous diriger vers la thèse du fric-qui-pourrit-les-joueurs, et Pavel planta le GOOOOL. Le fric, les joueurs mexicains en ont un bon paquet. D’après Juan-Antonio, le championnat mexicain est le 4ème du monde en niveau de salaire, derrière le trio Espagne-Angleterre-Italie. Un joueur touche en moyenne 1 million de pesos par mois! Du coup, on peut comprendre qu’ils n’aient pas vraiment envie de voyager les footeux mexicains.
Dans cet univers $$$, il y a un homme qui fait l’objet d’un culte: Cuauhtemoc Blanco. Le Zizou mexicain vient d’un quartier popu de Ciudad de Mexico, Tepito. Tepito, c’est pas comme la Castellane parce que c’est le plus grand bizness de pirateries à ciel ouvert de la ville, et beaucoup, beaucoup de monde y font affaire, pour le grand plaisir des pick-pockets. Comme Zizou, Cuauhtemoc veut le paradis et l’enfer. Il a décidé de faire un bras d’honneur au championnat mexicain et, plutôt que l’Europe, il a choisi les States pour la thune. Alors on l’adore, et on le honnit.
La défaite s’acheminant, le public réclamait l’entrée en jeu du Sauveur, Cuauhtemoc, cuauhtemoc, cuauhtemoc. Le dieu suédois - Goran-Erikson de son nom - qui dirige nouvellement l’équipe (très bon salaire, cf plus haut) a finalement cédé aux clameurs. Et le miracle…
J’avoue que 100 000 personnes qui crient leur délivrance ( ch’ais pas comment on dit catharsis en aztèque, peut-être Coua-Ou-Temoc) , ça vaut bien d’attendre 1/2h sa pinte de bière. Après avoir atteint l’olympe, il nous fallait prendre les transports en commun c’est bien connu. Et là, une nouvelle fois j’assiste ébahi au perpétuel miracle de l’ordonnancement chaotique de cette ville. Tous les micro-bus de la ville s’étaient donné rendez-vous, et vas-y que les uns après les autres, ils absorbaient le flot immense de la foule. Faudrait voir ça de haut justement, ces fourmis qui s’agglutinent et se faufilent dans des cubes de métal pétaradant, zig-zagant, pour nous déposer en un temps record dans la station de métro. Et ma putain de caméra qui attend toujours de se faire une santé.
Allez va, Viva México!
