ça pourrait être ça “broyer du noir”, prendre un morceau de boue, le malaxer, en tirer le mauvais jus et le contempler. Tu ne peux rien y faire, le résultat final est forcément moche.
Alors, ce que je fais en ce moment, c’est tirer quelques pépites bien maigres, bien rares de cette boue. Je crois que c’est un choix de société que vivent ou endurent les mexicains: on ne laisse pas impunément des dirigeants politiques s’enrichir grassement et publiquement même après 70 ans de PRI, des juges de la cour suprême gagner 5 millions de pesos/ par mois pour avaler tous les projets gouvernementaux avec cette incroyable cynisme de dénoncer les principes du projet pour mieux l’entériner! (Projet de retraite mexicain).
Ce qui se passe dans les hautes sphères a des résonances dans les plus basses. Chacun le sait, et semble s’en contenter. Deux stratégies de résistance: lutter et se faire virer ou flinguer; aller aux Etats-Unis et se faire exploiter dans les règles (au moins c’est propre). D’où un système pour l’heure imparable pour produire le vice sous la parure de la vertu. La presse, les intellos passent leur temps à dénoncer ces scandales: des bouffons au sens propre dont le jeu finit par lasser.
L’impunité est la règle et quand les facteurs de la Poste me disent à propos de l’adultère “pas vu, pas pris”, c’est même pas vrai. Tout le monde le sait, et tout le monde se trompe à coeur joie: “tequila, botanas (chips) et viejas! (meuf). La vie sexuelle comme déclinaison de la vie politique et sociale. Mais pourquoi tant d’hypocrisie, de faux-semblants, de faux-culs (toute chose profondément inscrite dans la langue mexicaine, mêlant courtoisie et saloperie à un degré inégalé)?
Je suis à peu près sûr que si les facteurs-factrices ont accepté sans problème de travailler jusqu’à 16h (alors qu’ils finissent tous vers 14h), c’est parce qu’ils peuvent bécoter leur amant-es tranquilou pendant deux heures. Dixit Antonio: ” le coup de fil? c’est ma “vieja” -ma meuf-, elle m’attend pour que je la câline, pour un gros roudoudou (faisant le geste un peu salace de rouler sa panse sur la sienne)”. Et de fait, une fois arrivé au bureau à 14h, il s’est échappé voir sa meuf, son amante. A la Poste mexicaine, bosser et se bécoter ça rime et le petit français de se demander si ils et elles ne sont pas les plus subversifs, le travail pouvant être une source de satisfaction des désirs sexuels.
C’est sûr, d’un point de vue sociologique, peut-être fouriériste, c’est génial. Mais ce que je ressens, c’est qu’un peuple va à la “chingada” - enculade- par esprit de revanche contre le traitement que leurs élites, ou leur mari/femme leur réservent. S’agit-il vraiment d’un choix? A ce stade de l’analyse, le cercle est trop vicieux pour prononcer le mot “choix”.
Refrain: mais pourquoi tant d’hypocrisie…
NEWS: L’Union Européenne vient de choisir le Mexique comme “partenaire stratégique” (= affaires juteuses) en Amérique Latine, après avoir financé une multitude d’ONG pour dénoncer la situation des Droits de l’Homme dans ce pays.
Allez va, tout ira mieux demain dans ce pays de merde.
3 commentaires
Benoît vient de me faire lire un roman historique tout à fait fascinant : Azteca de Gary Jennings. Un narrateur issu de la nation de mexica (Aztèques)nous livre un récit de us et coutumes avant l’arrivée de Cortes. L’auteur s’appuie sur le codex Mendoza et les ilustrations littéraires sont aussi brillantes et colorées que les dessins. Quelques choses de la nation mexica, des relations des peuples entre eux, nous sont dites. C’est d’une violence incroyable. L’intérêt et le calcul sont des constantes de la vie sociales et diplomatique.
Mais peut-être ne faut-il pas prendre ce texte pour vrai…
Pas d’accord pour le terme “hypocrite”. Les Mexicains sont pas hypocrites. Le sourire, la promesse, le mensonge et l’indirect sont leur langage. Donc ya une certaine transparence en fin de compte. D’ailleurs, quand tu mets les pieds dans le plats, ils sont gênés, embarrassés, prsi de court, savent pas comment réagir. S’ils étaient hyprocrites ils auraient le réflexe immédiat de faire les chochottes genre “ah vade retro, blasphème, comment peux-tu dire çââ” comme un Français ferait si tu lui disais que les droits de l’homme c’est de la connerie.
bienvenido a ma primera calle de la soledad.
Laisser un commentaire