J’ai le dégoût des mexicains, au-delà même des conditions matérielles ou sentimentales qui ont pu affecté ma perception des choses. Je l’écris parce que ça m’intéresse de savoir comment je peux devenir con.

Il s’est passé quelque chose, quelque chose de profondément dérangeant dans mon rapport aux mexicains. Il y a des indices assez objectifs qui m’ont aidé à y voir clair, et d’abord le fait que je ne compte aucun mexicain comme ami. Les mexicains que j’aime vivent avec des étrangères; les mexicaines avec des français ou des québécois. Les mexicains que j’apprécie détestent leurs compatriotes. Mes ami-es non mexicains n’ont pas d’ami-es mexicains.

Evidemment je parle des mexicains que je vois, des vendeurs de rue (des prolos savamment auto-organisés pour te défaire de 10 pesos et apporter ses voix aux autorités les plus offrantes), des employés administratifs d’Etat (classe médiocre, autosatisfaite mais volontiers aimable quand tu fermes ta gueule), des facteurs (classes moyennes basses, et bassesses), des étudiants de socio (la connaissance comme stratégie de survie monétaire, tout à fait pardonnable mais décevant), des chercheurs qui parlent beaucoup (trop), des femmes fausses, sans mystère autre que celui de cacher maladroitement leur intérêt immédiat. Bref, ça va plus en Nouvelle-Espagne, terre de rencontre de cultures profondément machistes. Un machisme élevant l’hypocrisie au rang d’us et coutume, avec l’appui fier et revendiqué des femmes. Pourquoi pas, c’est une façon de régler les rapports de couple par la violence, la rancoeur et le cynisme mariachi. Une bonne sérénade, et une bonne enculade.

C’est peut-être parce que le contraste est trop grand avec les enfants, beaux et libres.

Allez va, tout ira mieux demain dans ce pays de merde.

3 commentaires 

    • pat
    • Posté juin 25, 2008 à 10:37
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    coucou Tanguy !
    D’abord bon anniversaire ! J’ai laissé passer la date comme un con, désolé.
    Je sais pas si la correction des copies du bac est une bonne excuse ; je crois pas. D’autres se débrouillent mieux que moi. Enfin, j’aurai fini demain, et pourrai enfin reprendre mon cher Fourier.
    Tu m’as l’air de broyer du noir. ça me fait penser à ce que nous pouvons dire parfois des Lyonnais,Emilie et moi. Il semble y avoir des indices objectifs, mais quand on y réfléchit 2 secondes, qu’est-ce qu’un Lyonnais ? Quelqu’un qui vit ici ? Depuis combien de temps ? Y a-t-il un climat qui transforme les Parisiens en Lyonnais, les Marseillais idem ? Non, c’est pas sérieux.
    Y a des déracinements, des circonstances qui isolent ou décalent, par méconnaissance, des paresses, des préjugés. Rien de tel que le Lyonnais.
    Alors je sais pas si c’est pareil du Mexicain, mais en tout je préfère être nominaliste,et voir des individus à la place des essences. Il y a bien des airs de famille, des affinités de coutume et de langue, mais dans un pays si grand, combien de différences : de peau, de religion, de langue, d’accent, d’allure.
    Au fond, il me semble qu’un des symptômes de la tristesse c’est de ne plus apercevoir les petites différences.
    Il n’y a rien de plus difficile que d’y être attentif, car elles sont infinies, mais rien de plus nécessaire.
    J’arrête là ce bavardage un peu fouriériste, et te souhaite encore un bon anniversaire.
    L’as-tu fêté au fait ?

    • Matthieu
    • Posté juillet 8, 2008 à 11:39
    • Permalien

    Bon alors mon coco c normal ça d’avoir le dégoût à un moment donné, ou bien de l’énervement quoi, alors donc l’homme dans la merde n’est pas révolutionnaire et ni même de gauche? bah non. En tout cas pas le Mexicain. Mais attends ya des trucs qu’on apprécie à la longue, C peut-être malsain remarque, comme apprécier les blagues de comptables. Zyva mon pote lis-donc La silla del aguila de Carlos Fuentes, c’est excellent, du pur Mexique. Et n’oublille pas que si t dégoûté/énervé, c sûrement en partie passque - d’une certaine manière, voire quelque part - tu t’es fait baisé par la réalité mexicaine, quelque chose en toi s’est fait baisé jusqu’à l’os passque tu entreras jamais vraiment chez eux si tu deviens pas comme eux. Enfin je dis je dis rien. Mais ça passera, va. C’est dur le Mexique, et pas comme on s’y attend.

    • Emilie
    • Posté juillet 11, 2008 à 3:42
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    Hello p’tit tanguitou!

    Le Cuba presque plus du tout castriste t’a peut être remis un filtre plus joyeux sur les réalités latino américaines.
    Comme le dit très bien Pat (ah Pat!), on devient tous con à un moment ou un autre, et les circonstances ne nous y aident pas bien au contraire.
    Je ne connais pas le Mexique, et je ne suis même jamais sortie de la vieille Europe. C’est dans le sud de l’Italie, en Grèce que j’ai perçu la plus grande pauvreté, la gêne d’être là, moi si vertueuse avec des amis si généreux et sympathiques, dans une société locale réduite à des instincts vils, méchants .
    Mais puisque tu es au Mexique et un peu (oui juste un peu) mexicain, essaies de renverser la camera vers nous, vers moi : non pas vers la violence visible de nos sociétés occidentales (meurtre, viols en tout genre) mais vers les petits actes quotidiens de la vie de tous les jours : le client qui gueule contre la serveuse car elle lui a renversé son café, l’usagé qui écrase tout le monde dans le métro, mais également la mère aisée de famille qui grapille 3 francs à sa nounou, etc… Ces petites méchancetés sont certes sans grandes conséquences, elles sont significatives d’une pression, de stress, de mal être, et sont à la mesure de la richesse de notre société.
    Reviens maintenant à ce que tu as filmé et que tu as mis sur ton blog : ces bassesses que tu décris et qui énervent tellement ne sont-elles pas des marges de liberté prises. N’y a t il pas des innovations apportées dans le comportement de ces mexicains devant la difficulté de la vie ?
    En regardant tes vidéos et en lisant tes textes, je trouve plein de choses très bien :
    -au Mexique aussi, on manifeste contre la tauramachie ? n’est-ce pas la marque d’une résistance aux normes machistes en vigueur ? (attention je ne dis pas que la tauromachie est macho !!)
    -les bus sont très jolis
    -les conducteurs de bus sont vraiment très jeunes,
    -et ton rire me manque tellement !!!

    Il me semble justement que ce type d’expérience peut nous aider et nous conduire à refouler complètement toute notre moral, et notre jugement. Mais il faut pouvoir ne voir que ce que l’on cherche, et laisser de coté ce qui nous énerve. Pour cela, il faut être bien et serein. Il me semble là que tu trouves pleinement et précisément toute la difficulté du travail de l’ethnologue, et en même temps de la personne expatriée.

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