Tepoztlán

20 février 2008

Dimanche, 9h, mon réveil n’a pas sonné, je n’irai pas voir mourir les Mariposas, ces papillons du Canada qui migrent chaque année dans le Michoacan pour y déposer leur dernier souffle. Des millions. Il paraît que c’est magnifique.

Peine perdue, je vais au Terminal des bus, direction le sud. Brigitte m’a dit “Va à Tepoztlan”. J’y vais.

C’est ma promenade du Dimanche, comme pour nombre d’habitants du DF. Sortant du bus vers 15h, je marche avec les badauds le long de la rue principale, champs élysées de l’artisanat globalisé. Au bout, c’est la montée vers la pyramide.

1h après crachats de tabac, chemise trempée et mollets en flamme, j’accède au sommet. Cette ballade du dimanche à laquelle s’adonnent familles et amoureux est une épreuve olympique! Et jamais, ô grand Jamais, je n’ai entendu de plaintes ou d’agacements liés à l’épuisement. Benoîtement, femmes, enfants, personnes âgées et jeunes hommes frêles, tous en habits du dimanche, franchissent les 100 ou 200 m de dénivellation à 25% (la meilleure comparaison serait un escalier marseillais très étroit et pentu, comme on en trouve au Panier, bien défoncé, permettant d’accéder à un appart’ sympa au bout du 100ème étage).

Au sommet, je fais la rencontre des gars de l’INAH (Institut National d’Histoire et d’Anthropologie). Là, plutôt que de chercher à comprendre l’histoire ou l’archéologie du site, j’achète deux bouteilles d’eau (20 pesos, pas si cher à cette altitude). Je commence à déconner sur le mariage (les mexicains suivent de loin les frasques de Sarko) en altitude, sur une pyramide. L’amour, le sexe et la glace se brise (sans jeu d’images). ça finira en Traité de déconnade franco-mexicain de Tepoztlan.

Au sommet de la pyramide, je rencontre la petite Yucari, sa mère Antonia, Ingrid qui doit passer son bac et sa mère Izabel. Ingrid veut devenir prof en maternelle (maestra de kinder). Elle suit des cours d’administration publique, elle raconte ses visites en usine, une usine de conditionnement de fruits et légumes. Beaucoup de femmes y travaillent. “Moi, je veux pas, j’aime pas ce travail…” nous dit-elle. Antonia et Izabel sont fières du parcours scolaire d’Ingrid.

“Et maintenant nous allons faire une “concentration”. Je vais dire quelques mots, vous allez répéter après moi.”

Izabel m’invite à m’asseoir en cercle, à croiser mes doigts, à fermer les yeux, pour rejeter les mauvaises énergies d’abord, puis pour attirer les bonnes. Ses paroles sont simples et belles, invitant les membres du groupe à se préoccuper de ce qui les entoure, proches et inconnus, nature et animaux. Elles sont improvisées, me dit-elle.

A l’heure des voeux, j’ai souhaité à Ingrid une belle carrière universitaire (en socio, bien sûr).

One Response to “Tepoztlán”

  1. Girerd Says:

    bon maintenant, après la pyramide, tu montes au “popo” !
    j’y suis allé en 1985, j’étais jeune. heureusement, tu montes en voiture jusqu’à 4500 m env, après tu essayes de marcher pour aller piétiner un bout de neige sale. sauf que là, c’est la NEP de Lenine, mais à l’envers, tu fais un pas, tu recules de 2. les scories…
    bonne ascension camarade.
    nb : tu peux essayer l’ixta ou le pico de orizaba aussi.
    Benito de Consolat


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