Marseille est sous la pluie. Noailles aussi. Je me réfugie dans l’antre de la pizzeria, près des fours: “un m’semen, s’il vous plaît. Fourré.” Le coin est chaud pour le passant, pour le vieillard au chapeau gris, pour le revendeur de cigarette, pour moi. Au téléphone, j’écoute le répondeur SFR et répond au sourire ravissant de l’employée: “vous pouvez me la réchauffer”. Les gouttes s’amoncellent, elles trempent les cartons, elles vont refroidir ma galette. Tant pis, j’aime l’idée de la dévoration rapide sur le chemin. Je quitte mes compagnons avec regret. Avant de rejoindre le revendeur de téléphone portable, me voilà amener à déposer ma galette sur le rebord d’une vitrine (solde, 50%, 40%, 30%) pour écrire le numéro de la commande. Pas de stylo. A mes côtés se trouvent le revendeur de marrons et son compagnon, un vieillard au chapeau gris, qui très gentiment dévisse son gros stylo et me le tend.
-Merci pour le stylo
- Merci Monsieur, me répond-il.
Je viens de conclure une affaire, obsédante, je pourrai prendre des photos numériques avec mon téléphone. Je suis content, c’est les soldes.